Mollets râleurs et bonheur en vrac
Une journée dehors, des mollets qui râlent, des rires qui réparent. Et à la fin : du bonheur en vrac.
Mardi matin, on a largué les amarres :
Deux humaines, deux chiens, des sacs trop lourds et l’envie d’ailleurs.
Cap sur les sentiers. Loin du bruit, près du vert.
Les chiens ? Heureux comme jamais.
Truffe au vent, pattes sales, museaux en mode GPS olfactif.
Nous, derrière, tranquillement
Le soleil jouait à cache-cache, avec les feuillages
L’eau bavardait sur les pierres,
Et dans ce silence plein de feuilles et de souffle court,
on a laissé glisser ce qui pesait.
Et puis, ce moment suspendu :
Assises sur une pierre, le souffle coupé —
Pas par l’effort, non, mais par la beauté
D’un simple filet d’eau et d’un bout de ciel bleu.
Et là, sortie de nulle part, toute fière et dodue,
Une oie s’est pointée, l’air très contenu.
Elle s’est plantée juste là, en mode star,
Profil gauche, menton levé, diva du plumard.
On n’a pas bougé — elle posait pour de vrai,
Comme si on était là juste pour elle, expressément,
Une pause photo à plumes, improbable et parfaite,
Petit clin d’œil comique dans notre fresque discrète.
Après les flaques, les rires et les mollets râleurs,
on a vu une terrasse — comme une apparition bénie.
On s’est effondrées, crottées mais rayonnantes.
Verre en main, nez au vent,
on a trinqué sans raison.
Juste parce que c’était beau,
parce qu’on était là,
parce qu’on s’était un peu perdues…
pour mieux se revenir.
Et pendant que le ciel virait pastel,
on s’est dit, à demi-voix que cette journée avait été parfaite